Monsieur le député,
Le 9 avril dernier, vous vous êtes abstenu lors du vote en première lecture du projet de loi sur les organismes génétiquement modifiés. Dans les jours qui ont suivi, vous avez justifié votre
abstention par le fait que votre conviction n'était pas faite.
Demain (13 mai), le même projet de loi sera à nouveau soumis au vote de l'assemblée nationale. Je ne sais si entre temps vous vous êtes ou non forgé une conviction, mais je tenais à vous rappeler
que vous êtes à l'assemblée nationale le représentant des citoyens de votre circonscription.
Il serait donc juste et digne que votre vote soit le reflet des convictions de ces citoyens que vous représentez, et non le reflet de votre seule et unique conviction personnelle.
Je crains malheureusement qu'il puisse difficilement en être ainsi car, sauf erreur de ma part, il ne me semble pas que vous ayez à un quelconque moment organisé des réunions d'information et de
concertation avec vos concitoyens, pour débattre et permettre à chacun de s'exprimer.
C'est fort regrettable. Et ce d'autant plus que vous disposiez d'un mois entier pour le faire. Mais il semblerait que vous ayez préféré consacrer une bonne partie de ce temps à assurer votre
élection à la tête de la CALB, plutôt qu'à prendre l'avis de vos concitoyens, sur un sujet qui engage pourtant l'avenir du pays pour les siècles à venir.
Un sujet qui de plus fait ressortir une très large distorsion entre l'avis exprimé par les députés, majoritairement favorables au projet, et les citoyens qu'ils représentent, très largement
défavorables au même projet.
Je ne suis pas un grand fan des sondages, notamment ceux touchant aux prévisions électorales ou aux cotes de popularité. Je trouve qu'ils tuent le débat démocratique. Mais dans ce cas précis,
peut-on réellement ignorer les sondages réalisés, qui démontre tous que près de 3/4 des français sont opposés aux OGM ?
Le 7 mai dernier, la commission européenne a ajourné toute autorisation à la culture de nouveaux OGM, en demandant à l'autorité européenne de sécurité des aliments (AESA) de réexaminer ses avis,
toujours positifs. C'est à l'évidence un autre signe fort, qui montre qu'au plus haut niveau européen, on doute également du bien fondé des OGM, tels que nous les proposent aujourd'hui les
multinationales des biotechnologies.
Il est aujourd'hui trop tard pour prendre l'avis de vos concitoyens. Mais vous ne pouvez vous ne prendre qu'à vous-même de ne pas l'avoir fait avant. Je ne sais pas si votre conviction est
aujourd'hui faite ou non. Mais je suis sûr d'une chose : vous ne devez pas voter en fonction de votre conviction personnelle, mais en fonction de l'avis des citoyens que vous représentez.
Et à défaut d'avoir pris le temps de prendre leur avis, il ne vous reste qu'à faire confiance aux sondages, et donc à vous opposer à un projet de loi, qui ne garantit en aucune façon, bien au
contraire, la liberté et le droit de produire et consommer sans OGM, tels que définis par les travaux du Grenelle de l'environnement.
Bien à vous.