On avait l'habitude d'un DL, ou plus exactement d'une rédaction aixoise du DL, toujours prête à caresser la majorité municipale dans le sens du poil, avec force recours à une brosse à reluire de
première qualité.
Depuis quelque temps toutefois, on sentait comme un effritement dans cette admiration sans faille. Laquelle admiration se traduisait souvent par des articles se contentant de reprendre
la doctrine officielle de la kommandantur le discours officiel de la mairie, sans aucun effort d'analyse ni aucun sens critique.
Il y a bien longtemps que j'ai renoncé à acheter le DL. Il m'arrive néanmoins d'y jeter encore un oeil de temps à autre, notamment au travers de son site internet. Site sur lequel on a pu
découvrir le 22 avril dernier (je sais ça date un peu mais je vous l'ai dit, mes visites sont épisodiques) un article consacré au projet de tramway.
Je pense qu'un petit détour par le site et une petite lecture de l'article sont de rigueur. Pour cela,
il vous suffit de cliquer ici.
Soyez un rien indulgents, la version que j'ai pu lire est remplie
de fautes d'orthographe d'erreurs de plume (d'ailleurs pour vous
prouver que je n'invente rien, je reproduis l'article du DL ci-dessous, tel qu'il était publié sur le site du DL le 27 avril).
Passons rapidement sur le fait que le DL nous annonce que le prix du billet serait de 1.50 € pour une heure et permettrait le stationnement d'une voiture dans un parking périphérique gardé. Parce
qu'à l'évidence, vu les incertitudes qui pèsent encore à ce jour sur le coût réel du projet, il semble difficilement concevable d'annoncer dés à présent quel sera le prix du billet.
Surtout que si tramway il y a un jour, ce ne sera pas au mieux avant 2014.
Arrêtons nous par contre un peu plus longuement sur le coût global de ce projet, tel qu'annoncé par le DL. 15 millions d'euros au kilomètre titre le DL. Pour ensuite nous annoncer que les 20
kilomètres de la ligne Grand Port / Revard (Crémaillère comprise !) devraient coûter 150 millions d'euros.
Quant à la deuxième ligne, dont il est "prévu" qu'elle relie Grésy sur Aix à Chambéry Sud, ses 30 kilomètres (qui quelques lignes plus haut étaient d'ailleurs 40 ...) devraient eux coûter 350
millions d'euros.
Il n'y a pas qu'en orthographe que la rédaction aixoise du DL n'est pas très forte. Visiblement, elle a aussi certaines lacunes côté calcul.
Parce qu'on a beau le tourner comme on veut, mais 20 kilomètres fois 15 millions ne feront jamais 150 millions, mais juste le double, 300 millions. Et 30 kilomètres fois 15 millions ne feront pas
non plus 350 millions, mais 450 (33% de plus ...).
L'autre info apportée par le DL sur ce même thème, c'est la prise en charge du financement à hauteur de 70% par des investisseurs privés. Tudieu, rien que ça ! Ca c'est du scoop, et même du méga
scoop. Parce que bien curieusement, cette info là n'a nullement été donnée au public venu assisté au colloque pourtant organisé tout exprès par la mairie pour informer les aixois sur ce
projet.
Colloque au cours duquel le responsable de la SEM exploitant les transports en commun de Toulouse a par contre clairement expliqué que le partenariat privé public (le fameux PPP dont les
représentants d'Alstom nous ont vanté les soit disant mérites en long en large et en travers) n'était que de la poudre aux yeux destinée à faire croire aux contribuables qu'ils ne
paieraient pas l'addition.
Car au final, en pratique, c'est bien 100% du coût total qui est financé par de l'argent public. Une réalité qui a d'ailleurs conduit Toulouse à laisser de côté les PPP pour s'en tenir aux très
classiques marchés publics. Et on se dit qu'il n'y a aucune raison pour que les Toulousains soient plus stupides que d'autres en France : si le PPP leur permettait réellement de faire financer
70% du montant des travaux par des investisseurs privés, ils ne passeraient sûrement pas à côté d'une telle opportunité.
Une autre info apportée par cet article du DL présente l'étrange caractéristique de n'avoir pas elle non plus été évoquée lors du colloque du 21 avril. Colloque où décidément on se dit qu'on n'a
pas appris grand chose. L'info en question, je vous la cite in extenso : "Nous aiderons les activités commerciales aixoises en leur versant des indemnités pendant les travaux."
Première question qui tombe sous le sens : "nous", c'est qui au juste ? La ville, l'agglomération, le département, la région, l'état, les investisseurs privés, les contribuables ? Si c'est
l'agglomération (ce qui semble le plus logique, puisque c'est bien la CALB qui dispose de la compétence en matière de transports), les commerçants ont un peu de souci à se faire.
Il leur suffit de s'adresser à leurs collègues touchés par le chantier du quartier de la gare pour comprendre de quoi je veux parler. Car pendant que la CALB empochait les indemnités de retard
versées par les entreprises, les commerçant eux, ont du faire ceinture (ou pire pour certains).
Un article qui permet de retrouver la rédaction aixoise du DL telle qu'on l'a connu à ses plus beaux jours : toujours prête à porter assistance à son chouchou, même et peut-être surtout quand il
raconte n'importe quoi, et n'hésitant pas non plus à en rajouter dans la franche déconnade.
Chose promise, chose due (encore que, j'en connais qui n'ont pas un tel sens du mot promesse). Voici donc l'article du DL (extrait de leur site internet le 27 avril).